une discussion sur la maille avec aude regout

Printemps-Hiver 025
 

Aude Regout a toujours grandi au rythme de Rue Blanche. Fille de la fondatrice Marie-Chantal Regout, elle a grandi aux côtés de la maison, pour en devenir aujourd’hui l’âme et la vision en tant qu’associée et directrice créative, aux côtés de sa sœur Astrid, CEO de l’entreprise. La collection automne-hiver 2025 marque un tournant: la première collection de maille imaginée par Aude en collaboration avec sa mère. Dans notre conversation, elles nous parlent de création intergénérationnelle, de confiance artistique et de ce que signifie faire perdurer une maison grâce à une vision et une intuition partagées.

Quelle a été votre expérience en imaginant cette collection de maille aux côtés de votre mère? 

La collection hiver 025 a marqué notre première collection de maille imaginée ensemble, et cela m’a semblé étonnamment naturel. J’étais très consciente de tout ce qu’il me restait à apprendre, mais, en même temps, j’ai ressenti que c’était le bon moment pour assumer ce rôle.

À quoi ressemble votre collaboration, toutes les deux?

Ma mère apporte son expérience, son œil et sa méthode, tandis que j’ai tendance à travailler davantage à l’instinct. Cette différence crée une tension constructive: elle nous pousse à remettre en question nos habitudes, tout en nous appuyant sur ce que nous savons déjà.

Comment se déroule votre processus de création ensemble?

Nous commençons toujours par les couleurs, en explorant les matériaux avant même de penser au design. Ensuite, notre attention se porte sur le vêtement lui‑même: ses proportions, sa matière, la manière dont il tombe sur le corps. Les idées et références naissent naturellement à mesure que nous testons, ajustons et discutons ensemble.

Comment mêlez-vous créativité et attentes de vos clientes chez Rue Blanche?

Nous restons très attentives à l’identité de Rue Blanche: des pièces essentielles, fiables, qui font partie intégrante de la collection. Ce sont celles pour lesquelles nos clientes reviennent, et c’est aussi la raison pour laquelle certains modèles réapparaissent saison après saison.

Dans ce sens, chaque collection est un dialogue avec le passé, tout en continuant à repenser ce qui vient ensuite. À partir de là, nous nous autorisons un jeu maîtrisé: des pièces moins évidentes, mais toujours ancrées dans l’identité de la maison.

À quel moment savez‑vous qu’un pull a trouvé sa forme finale? 

Je suppose que c’est lorsque rien ne retient plus votre attention et que la pièce semble réellement portable. Nous commençons par tester les détails, le volume, la manière dont elle se déplace sur le corps. Lorsque l’envie de l’ajuster disparaît, c’est généralement le signe qu’elle peut être considérée comme terminée.

Quand vous lancez une nouvelle collection, à quel moment commencez-vous à travailler dessus? 

C’est un processus long, plus long que ce que l’on pourrait imaginer. Pour l’automne-hiver 2025, nous avons commencé à travailler sur la collection dès août 2024.

Savez‑vous à l’avance si une pièce va forcément fonctionner? 

On développe un vrai feeling, mais rien n’est jamais garanti. Les pièces ancrées dans l’identité de Rue Blanche trouvent souvent leur cohérence dès le départ, surtout quand les couleurs sont justes. La couleur est quelque chose de fondamental pour nos clientes. 

Au‑delà de tout, la créativité naît de la curiosité et de l’attention portée à ce qui nous entoure, que l’on traduit ensuite à sa manière. Au final, il s’agit de faire confiance à ce processus et de suivre ce qui résonne en vous.

C’est généralement lorsque l’on n’a plus envie de rien changer que l’on sait que la pièce est vraiment achevée.

Que représente la maille pour Rue Blanche?

La maille a toujours été au cœur de Rue Blanche. C’est l’un des domaines où notre identité se révèle le plus clairement. Pour beaucoup de clientes, c’est aussi par la maille qu’elles découvrent et s’attachent à la marque.

Qu’est-ce qui fait qu’une pièce en maille traverse le temps?

Au‑delà de la qualité, une pièce de maille vraiment durable est celle qui crée un lien. Tout est une question d’équilibre: la bonne forme, la bonne couleur, la bonne sensation. C’est la pièce vers laquelle on se tourne instinctivement, parce qu’elle s’intègre naturellement dans votre quotidien et vous fait sentir vous-même.

Nous voulons avant tout que les personnes se sentent elles‑mêmes. Confortables, tout en restant élégante.

Il y a beaucoup plus de pièces en mono-matière dans cette collection. Peut-on s’attendre à en voir de plus en plus chez Rue Blanche?

Oui, tout à fait. Nous nous orientons de plus en plus vers des tissus naturels et en mono-matière. C’est un choix réfléchi : non seulement ils sont plus confortables et durables, mais ils rendent aussi les vêtements plus faciles à entretenir et à recycler. Vous pouvez donc vous attendre à en voir de plus en plus chez Rue Blanche à l’avenir.

À quel moment sentez‑vous la collection prendre vie?

Le vrai moment, c’est à l’arrivée des premiers prototypes. Voir les vêtements devant soi, sentir les couleurs, le volume, la manière dont ils bougent… C’est aussi l’instant des ajustements: on sait tout de suite ce qui fonctionne et ce qui doit encore être affiné.

Si vous deviez décrire la maille de cette saison en trois mots, quels seraient-ils?

Tactile, ancrée, fun.

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